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Perle du Léman

| Au Coeur de La Côte |

« Bienvenue à Rolle Tourisme, l’office étant fermée le dimanche, nous vous accueillons du lundi au samedi aux horaires suivants … we thank you for calling. » Bon nombre de fois il m’a été possible de modifier l’annonce du répondeur téléphonique, en trois langues natürlich. Vous l’aurez deviné, j’ai eu la chance d’être stagiaire à l’Office du tourisme durant douze mois. Cette expérience m’aura permis de découvrir le patrimoine de la ville de Rolle sous un nouvel angle. Mon rôle n’était pas seulement d’habiter la région et d’y renseigner le visiteur, mais plutôt de raconter la ville et son histoire avec le sourire et une pointe d’accent… suisse-allemand ! Voilà pas que les origines ne sont jamais trompeuses, ni l’authenticité d’ailleurs. J’y ai trouvé là un point de non-retour, celui de divulguer des fragments d’escapades au visage qui aura le plaisir de lire. Je me suis alors dite que c’est un atout non-négligeable que de pouvoir consolider un éveil aux échappées du quotidien avec un intérêt pour l’expression écrite.


Petite ville au charme indéniable, Rolle vaut le détour lors d’une venue sur La Côte. Connue pour son bourg historique – valorisant notamment le château du XIIIe siècle – elle rime avec sa Grand-Rue pleine de vie, ses quais fleuris et ses petits pains, dignes de la Ville ! Retour sur les siècles d’histoire qui ont façonné celle que l’on nomme aujourd’hui « La Perle du Léman ».

Auteur du texte : Jacques Boireau / Consultants : Marina Scanio et Denys Jaquet

Pierre II, comte de Savoie

1319 … 2019 : il y a 700 ans naissait une cité aux abords d’un Château, sur les rives du Léman. Sept siècles d’Histoire ont façonné les contours de la ville, en ont tracé les rues, dessiné les quartiers. Sept siècles d’Histoire ont imprimé dans l’âme des générations successives la fierté d’être Rollois. Dans la seconde moitié du 18e siècle, Pierre II devient comte de Savoie et de Maurienne. S’étant engagé aux côtés de son neveu le roi d’Angleterre Henri II, il bénéficia d’une grande expérience militaire et diplomatique. D’importants moyens financiers sont mis à sa disposition. Il peut ainsi entreprendre la construction de nombreux bourgs et châteaux sur les terres qu’il administre, notamment le pays de Vaud.

Fortification du château

Vers l’an 1263, Jean Mésot, ingénieur en chef du roi d’Angleterre, est au service du comte de Savoie. Il trace le plan du château de Rolle en suivant un style classique avec le carré savoyard. Mais l’architecte s’adapte aux exigences du terrain ce qui explique la forme trapézoïdale de l’édifice. Charpentiers, maçons, tailleurs de pierres… les épaisses murailles sortent de terre et dominent le lac. Placé sous l’autorité du comte de Savoie, le suzerain, Aymon de Sallenove est le premier seigneur du château baptisé Castrum de Ruello.

La troupe armée

En janvier 1913, Edouard de Savoie commande une armée forte d’une centaine de chevaliers et de 1500 fantassins et arbalétriers qui marche vers Lausanne. En vérité, il s’agit d’un manœuvre habile de diversion. Tandis que l’agitation guerrière occupe les esprits, une opération bien différente se déroule en toute discrétion. Une quinzaine de barques accostent au pied du château de Rolle. Venant d’Evian, elles débordent d’un nombre considérable de poutres, pannes, chevrons et planches. La cargaison est rapidement déchargée et les maîtres charpentiers et les ouvriers construisent une palissade qui délimite l’emplacement d’une future cité. Les travaux sont achevés en moins d’une semaine.

Fondation de la Grand-Rue

Cet épisode étrange illustre la rivalité qui oppose Amédée de Savoie à son frère Louis. Amédée, par ce coup de force, entend se rendre maître sur ce terrain. Au fil du temps, les tensions s’apaisent et une cité s’élève aux abords du château, le castrum de Ruello. Rolle vient de naître, il y a sept siècles très précisément. Le bourg se développe de part et d’autre d’un axe principal, la Grand-Rue, avec ses ruelles perpendiculaires. Les ruelles séparent régulièrement les habitations, comme des coupe-feux pour prévenir la propagation des incendies. Commerçants, artisans, négociants… Sur la rive du Léman, Rolle devient très vite une cité prospère et dynamique.

Jusqu’en 1536, il fait partie des terres de Savoie. Mais la réforme initiée par Luther gagne de nombreux territoires. Genève est touchée à son tour par la vague protestante et se sépare du comté de Savoie. De grands troublent s’ensuivent. La cité de Berne prête main forte aux Genevois et envoie 6000 hommes pour s’opposer aux armées savoyardes. Par deux fois, sur leur passage, le château de Rolle est incendié ! Maintenant Sous domination bernoise, Rolle se convertit à la nouvelle religion. Les catholiques qui refusent de se soumettre doivent s’exiler. Malgré le respect de l’usage de la langue française, de nombreux changements bouleversent la vie quotidienne et améliorent le sort de la population. L’école devient obligatoire, les ouvriers des domaines agricoles doivent être mieux logés, mieux nourris et mieux soignés. Les routes sont mieux entretenues et plus sûres, le prix des grains est stabilisé.

Révolution et Frédéric César de la Harpe

Les progrès sociaux sont avérés, mais les Bernois tiennent tous les pouvoirs, ils taxent le vin et fixent les prix. Le 14 juillet 1790, un banquet mémorable est organisé à Rolle, un an après la prise de la Bastille. Les toasts à l’honneur de la Révolution et les discours virulents commencent à inquiéter les autorités bernoises. Un an plus tard, un nouveau banquet se tient sous la présidence d’Amédée de La Harpe, un citoyen rollois. L’on porte fièrement sur l’habit la devise « Vivre libre ou mourir ». Les autorités bernoises dépêchent 2500 soldats sur les lieux. Amédée rejoignant la France, il gagne la confiance de Napoléon. Frédéric César de La Harpe est le cousin d’Amédée, ce brillant avocat ne supporte pas la domination bernoise. Il quitte la Suisse.

Incendie des archives

Informée du bon travail de Frédéric César de La Harpe, l’impératrice russe souhaite lui confier l’éducation de ses petits-fils, Paul et Alexandre, devenu le Tsar Alexandre 1er. Frédéric César s’enthousiasme pour la Révolution française et publie des textes critiquant l’occupation bernoise. En 1798 à Lausanne, l’indépendance du pays vaudois est proclamée. En 1802, des paysans craignant un retour aux redevances féodales, sous l’appellation de « Bourla-Papey », ils incendient et détruisent ainsi les archives du Pays de Vaud. En 1815, au congrès de Vienne, Frédéric César de La Harpe obtient la reconnaissance de la Confédération suisse grâce à l’appui du tsar. Pour célébrer le grand homme, les Rollois décident de donner son nom à l’île artificielle afin d’abriter les embarcations. Caché par les arbres, un obélisque s’élève dédié à la mémoire du véritable fondateur de la Suisse moderne.

Modernisation de Rolle

Dans une confédération suisse unifiée et apaisée, Rolle va s’industrialiser et diversifier ses activités. Le port très actif au long du 19e siècle perd peu à peu son importance avec l’arrivée du chemin de fer. La gare est construite en 1858. Les transports évoluent avec le tramway, inauguré le 9 octobre 1898. Jusqu’en 1938, il relie Rolle à Gimel, malgré la forte pente du parcours et les épisodes neigeux. Grâce à la modernisation des transports, quelques entreprises assurent l’essor économique de la ville. Une école va faire la renommée de Rolle : le château du Rosey. De grande réputation, cet établissement privé est surnommé l’Ecole des Rois et compte parmi ses élèves de nombreuses célébrités : Albert II et Badouin, rois des belges, le Prince Rainier de Monaco, les frères Pahlavi chah d’Iran, Juan Carlos, l’Aga Khan entre autres. Sans oublier le jeune Joe Dassin qu’on imagine rêvant à l’été indien au bord du Lac Léman.


Les affiches du 700e

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